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05.11.2021

Les mauvaises récoltes se ressentiront dans l’assiette

(24heures.ch) - Légumes, fruits et céréales ont souffert cette année. La disponibilité de certaines denrées locales va diminuer ces prochains mois.

Le printemps 2021 a été froid, pluvieux et grêleux, l’été n’était guère mieux. Les récoltes s’en sont ressenties dans toute la Suisse. Vous tentez de manger le plus local possible? Pour certains produits, l’offre nationale risque d’être dans les prochains mois plus rare, de moins bonne qualité ou, dans le meilleur des cas, moins «jolie».

Ces derniers jours, de nombreux producteurs, à l’instar des viticulteurs et des apiculteurs, ont fait part de leur désarroi face à cette année noire. Et, si le miel se trouvera très difficilement dans les magasins, il ne sera pas la seule denrée suisse à se faire rare sur les étalages.

Du côté des maraîchers, on prévient aussi que certains légumes locaux risquent de manquer, à l’instar des légumes de garde comme les carottes et les oignons.

«Les carottes de garde n’ont parfois pas pu être semées ou alors seulement beaucoup trop tard, raison pour laquelle nous attendons une faible récolte, explique Markus Waber, directeur adjoint de l’Union maraîchère suisse. De plus, les carottes seront probablement un peu plus petites que d’habitude, puisqu’elles auront eu moins de temps pour pousser.»

Résultat, les stocks seront moins remplis que les années précédentes. «Il faut s’attendre à ce que les carottes suisses manquent plus tôt, éventuellement aux alentours du printemps – on ne peut dire encore quand exactement, précise Markus Waber. La demande devra donc être partiellement couverte par des importations.»

En temps normaux, les carottes suisses suffisent à la couvrir presque à 100%.

La patate? Une récolte «historiquement faible»

Markus Hämmerli, chef du département Produits du sol et membre de la direction de la coopérative agricole Fenaco, évoque par ailleurs une récolte de pommes de terre «historiquement faible».

«Cela signifie que nous devrons compléter la demande avec des marchandises importées jusqu’à la nouvelle récolte de l’été 2022. Les événements climatiques extrêmes ont également entraîné des pertes de récoltes importantes à l’étranger, tant au Nord qu’au Sud. L’approvisionnement a été et reste très difficile. Au cours des prochaines semaines, la disponibilité saisonnière des légumes frais suisses va diminuer progressivement.»

Les consommateurs devront surtout se contenter de légumes d’hiver classiques tels que le céleri, le chou et le poireau.

Peu d’abricots et de pruneaux
Constat similaire du côté des fruits. Pascal Chollet, propriétaire d’un domaine agricole à Gland, impute la baisse de ses rendements au secteur arboricole. En avril, il a perdu jusqu’à 100% de certaines variétés de cerises. «En raison de la météo, nous avons de faibles calibres de fruit. À ce point-là, c’était du jamais-vu.»

Si le producteur est parvenu à sauver ses fruits, c’est uniquement grâce à une lutte efficace contre le gel, au prix d’intenses efforts – financièrement lourds – en main-d’œuvre et en matériel.

«La pression des maladies a été très forte pour toutes les cultures, ajoute-t-il. Cela nous a demandé une gestion des applications de protection extrêmement pointue. Parfois, celles-ci tenaient à une heure près.»

Tous les domaines n’y sont pas parvenus. Cet été, la récolte des abricots (35% de la moyenne sur cinq ans) et des pruneaux (40%) a été «misérable», selon la faîtière Fruit-Union Suisse.

À partir de novembre, pommes et poires représenteront les uniques fruits de saison jusqu’au retour des beaux jours l’an prochain. Leur bilan varie en fonction des variétés et des régions. La récolte de poires est inférieure à la moyenne dans toute la Suisse.

Pour les pommes, «la situation varie beaucoup d’une région à l’autre», précise Markus Hämmerli. Si Vaud et Valais s’en sont bien sortis, les quantités récoltées en Suisse alémanique sont généralement inférieures à la moyenne.

Appel à la compréhension

Les producteurs de fruits et légumes devront ainsi faire face à d’importantes pertes financières et comptent entre autres sur la souplesse des acheteurs.

«Les efforts et les investissements pour assurer une culture maraîchère sûre doivent être indemnisés sur le marché, plaide Markus Waber. Cela nécessite la bonne volonté et la compréhension de tous les acteurs du marché ainsi que des consommatrices et consommateurs.»

Pascal Chollet craint quant à lui que la situation soit intenable sur le long terme.

«En cinq ans, nous avons eu quatre années de gel. Dans mon cas particulier, j’ai eu de la chance. Mais si le printemps avait été plus précoce ou le gel plus tardif, la situation aurait pu être catastrophique. C’est la première année où j’ai pris à ce point conscience de la fragilité du domaine face à ce seul aléa climatique, malgré une grande diversité de cultures.»

Au final, Pascal Chollet aura travaillé davantage pour obtenir une récolte plus faible. «Ces dernières années, nous avons beaucoup appris et investi dans les méthodes de lutte, souligne le Vaudois. Est-ce financièrement soutenable sur le long terme? Je ne pense pas.»